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Projet ANR Escapade

Objectifs – Verrous scientifiques et techniques

L’objectif du projet est d’analyser l’effet des activités agricoles et de la mosaïque paysagère sur la cascade de l’azote dans les territoires, avec une approche associant la production de scénarios, la production d’outils de modélisation et l’observation des flux d’azote réactif (Nr) à l’échelle de territoires, en se focalisant surtout sur des paysages (espaces de 5 à 30 km2). Cette analyse vise à proposer des solutions innovantes d’atténuation des pertes d’Nr dans l’environnement et/ou d’adaptation des systèmes de production aux changements globaux. Il se décline en trois grands objectifs.

Le premier objectif est de co-construire puis d’évaluer et interpréter des scénarios innovants pour une meilleure gestion de l’Nr dans les territoires. L’échelle du paysage est particulièrement pertinente pour les flux d’Nr : ce n’est qu’à cette échelle qu’il est possible de trouver de nouveaux leviers, de nouvelles marges de manœuvre complémentaires des actions déjà menées aux échelles de la parcelle et de l’exploitation. Ce projet associe les acteurs de la recherche et les acteurs du développement agricole pour lever le verrou lié à la construction de scénarios intégrant autant les contraintes techniques et organisationnelles locales que les réglementations générales, tout en se positionnant dans un contexte de changements globaux. Il est ainsi attendu que ces scénarios innovants modifient (i) les pratiques agricoles à l’échelle locale (gestion par l’agriculteur de l’azote apporté aux parcelles cultivées et de l’alimentation des animaux), (ii) les modalités de gestion de l’azote au sein des exploitations agricoles (successions culturales, gestion des troupeaux et des effluents) et (iii) les structures des mosaïques paysagères (agencement des parcelles, allocation des terres, mise en place de haies et de fossés).

Le second objectif est de produire des connaissances sur les processus de la cascade de l’Nr et des outils de modélisation fiables pour quantifier les différentes étapes de la cascade de l’Nr, les flux et les pertes d’Nr dans les différents compartiments du paysage (terrestre, atmosphérique, aquatique). Cette approche de modélisation intégrée et interdisciplinaire est un des aspects novateurs du projet qui permettra de lever le verrou que constitue l’association de plusieurs composantes du territoire jamais encore réellement couplées simultanément : physique des transferts (par voies atmosphérique et hydrologique), agro-écologique (allocation des terres, aménagement du paysage), biogéochimique et anthropique (pratiques agricoles et gestion des exploitations). Lever ce verrou passe par l’établissement de nouvelles synergies et par le partage de concepts entre des communautés jusqu’à présent relativement disjointes car s’intéressant à différentes formes d’Nr (NO3, azote organique dissous, NH3, NOx, N2O) ou à différents processus (transferts atmosphériques, hydrologiques, biogéochimiques, transferts au sein d’une exploitation…) ou encore à des enjeux environnementaux différents (effet de serre, eutrophisation, acidification, biodiversité, pollution photo-oxydante).

Le troisième objectif est de co-construire des solutions innovantes, écologiquement intensives, économiquement performantes et socialement acceptables, d’atténuation des pertes d’Nr dans l’environnement et/ou d’adaptation des systèmes de production, sans compromettre leurs capacités de production. Les modèles décrits dans le second objectif sont des outils de recherche. Les verrous techniques qui rendent impossible le transfert direct de ces outils aux partenaires du développement agricole seront contournés par l’analyse, en partenariat entre acteurs de la recherche et acteurs du développement des résultats obtenus. Cette analyse conduira à l’appropriation des résultats par les acteurs du développement et à la proposition de pistes de réflexion en termes d’adaptation des systèmes de production ou d’aménagement des territoires.